Le Parlement bruxellois rend hommage aux 464 Bruxellois reconnus comme « Justes parmi les Nations »

A l’avant-veille de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah, le Parlement bruxellois tenait à rendre hommage aux 464 Bruxellois reconnus à ce jour comme « Justes parmi les Nations ». Leurs noms, dits par des élèves de l’Athénée Joseph Bracops d’Anderlecht et de l’Atheneum Brussel, ont résonné ce mardi dans la Salle des Glaces. Une plaque à leurs noms, dévoilée au cours de la cérémonie, sera installée dans le hall d’honneur du Parlement régional. 

Le Mémorial Yad Vashem reconnaît aujourd’hui à 1771 Belges le titre de « Justes parmi les Nations » – ce titre qui honore des personnes qui, n’étant pas de confession juive, ont aidé des Juifs, au risque de leur propre vie et sans contrepartie. 

Parmi ceux-ci, 464 habitaient Bruxelles pendant la guerre. 

A l’initiative de son Président, Rachid Madrane, et en collaboration avec le CCOJB et l’asbl L’Enfant Caché, le Parlement a organisé ce mardi une cérémonie d’hommage dans la Salle des Glaces. Au vu de la situation sanitaire, elle n’a pu réunir qu’un public limité, mais elle était diffusée en ligne

Adolphe Nysenholc, enfant caché et Président de l’asbl L’Enfant Caché, Regina Sluszny, enfant caché et Présidente du Forum der Joodse Organisaties et vice-présidente de l’asbl L’Enfant Caché, et Catherine Herscovici, fille d’Andrée Geulen, Juste parmi les Nations, et Jonathan De Lathouwer, vice-président du CCOJB et petit-fils d’enfant caché et de résistants, ont pris la parole pour partager leur témoignage. 

Une classe de rhétorique de l’Athénée Joseph Bracops et une autre de l’Atheneum Brussel ont été étroitement impliquées dans le projet. Les élèves ont travaillé sur le thème des Justes avec leurs professeurs et ont été invités à enregistrer les noms des Justes bruxellois. S’il était malheureusement impossible que tous prennent part à la cérémonie, une petite délégation a néanmoins pu avoir un moment d’échange avec Mesdames Sluszny et Herscovici et Monsieur Nysenholc. 

« Rappeler et transmettre l’histoire des Justes bruxellois est une façon de perpétuer leur mémoire et celle de leur geste. Leur courage est encore trop peu souvent salué, souligne Rachid Madrane. C’est aussi une façon de porter, notamment auprès des jeunes générations, un message important – un message toujours d’actualité – sur la possibilité de s’élever contre les injustices. Le combat pour la tolérance, contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations est un combat qui est toujours à recommencer, et chacun peut poser des gestes qui font la différence.» 

Pour Jonathan De Lathouwer, vice-Président du CCOJB : « Dans la « Nuit et le Brouillard » de la Shoah, les Justes furent ces petites lumières vacillantes qui sauvèrent des vies et la dignité humaine. Ils incarnèrent l’humanité dans un monde déshumanisé. Ils furent des résistants aux mains nues, exposant leur propre vie et celles de leur famille. Ils aimaient la vie, mais pas que la leur, celle des autres aussi, des inconnus, des victimes innocentes pourchassées, à qui le simple droit à la vie était nié. Ce courage et cette abnégation font des Justes des hommes et des femmes d’exception, des exemples pour l’éternité qui devraient nous montrer le chemin difficile à suivre aujourd’hui et demain. »

Pour Adolphe Nysenholc, Président de l’asbl L’Enfant Caché : « Etre femme et homme c’est juste être libre et fraternel comme le furent en pleine tyrannie du IIIe Reich les sauveurs de vie au risque de leur propre vie, dont nombre d’entre eux ont été reconnus Justes. Il est juste de rendre hommage à ceux qui sont l’honneur de Bruxelles, et dont les valeurs fondent la capitale de l’Europe. Ces braves, résistants à leur manière contre la pire barbarie, ont héroïquement soustrait des enfants juifs à la mort en 1940-1945. Ils ont fait preuve d’abnégation pour sauver sans discrimination l’humanité qui se trouve en chaque individu. Ils sont des modèles pour les jeunes. Ces braves gens, par leur désobéissance civile au nazisme, lequel fut un fascisme antisémite, ont contribué à sauver la démocratie que le régime hitlérien a voulu abolir. Les membres de l’Enfant Caché, survivants grâce à eux, saluent leur mémoire avec gratitude. Que leurs noms demeurent gravés dans les cœurs. »

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